Retrospective de 6 ans à ConcreteWorld – épisode 2.5/3 – encore des collègues

Ouais !! Super !!

Collègue[s] Blougryne

Blougryne-expert

Il était super fort dans plein de trucs, y compris le python. En très peu de temps, il est passé du poste de « Consultant-Esclave sur un machin ponctuel » à « Gourou Technique de plein de composants du projet POILS_PUBIENS ». Quand il a été embauché, il a directement eu un salaire stratosphérique que même Chef Peyotl en a été interloqué.

J’aurais dû être heureux de travailler à ses côtés, parce qu’il m’apprenait des choses en python. Quand on est sûr de ses propres compétences, on ne craint pas l’éventuelle ombre que pourrait faire sur soi-même des gens plus compétents.

Mais cette démarche saine de non-crainte de la compétence d’autrui ne marche pas avec moi et mon égo métastasé. Collègue[s] Blougryne me faisait peur à être meilleur que moi et voilà.

Parfois, il me signalait un truc à améliorer. Je répondais : « oui, je m’en occupe dès que je peux ». Il me proposait alors : « faisons-le maintenant, tant qu’on est à en discuter ». Est-ce qu’il me proposait ça parce qu’il avait vaguement repéré que j’étais un glandu et que je mettrais une demi-journée à le faire, ou est-ce qu’il était réellement sincère dans sa démarche ? Je ne sais pas. Le fait est que ça se finissait en une mini-session de peer-programming.

Je suis pas fan du peer-programming, sans doute parce que j’applique mal la méthode. Pour moi, ça consiste à regarder quelqu’un d’autre faire le boulot sans avoir le droit de bidouiller des trucs à côté, parce qu’il faut pouvoir réagir et dialoguer. En gros : les inconvénients du glandage sans les avantages.

Et sinon, rien à voir : Chef PiouPiou-Géant l’appelait « Collègue ZeCure ». Parce qu’il ressemblait à Robert Smith. La classe.

Non, ce n’est pas Tokio Hotel

Blougryne-hippie

En plus d’être fort techniquement, Collègue[s] Blougryne vivait en communion avec la nature, dans une grande ferme écologiquement validée qu’il retapait lui-même exclusivement avec du bois. Il était capable de subsister à ses besoins uniquement grâce à son verger-potager, dont il traitait bien entendu chaque plante avec un profond respect.

Un fois, il m’a raconté qu’il faisait de la soupe d’ail. Je me suis exclamé : « ouh, ça doit arracher la gueule ». C’était pas pour manger, mais pour tuer les parasites de son pêcher. Le mec, pour soigner les trucs qu’il fait pousser, il fait pousser d’autres trucs. Un méta-hippie.

C’était aussi un hippie de la culture, bien sûr. Il connaissait et soutenait des artistes indépendants, il lisait des vrais articles de journaux et regardait des émissions sur Arte. Il ne manquait pas de nous transmettre des urls de culturifiage, dans le but de nous gentr-hippifier.

Pour couronner le tout, il a méta-fusionné les deux aspects de sa personnalité. Son expertise technique englobant, entre autre, l’ingéniérie du son, ça lui permettait d’installer et de gérer le matos des concerts culturo-indépendants de ses amis hippies.

Et aussi : il assemblait de l’électronique, jouait aux derniers jeux vidéos en date et pratiquait un peu de sport. Un type vraiment effrayant.

Blougryne-Blougryne

Saperlipopette, je manque à tous mes devoirs ! Je n’ai pas expliqué pourquoi il s’appelle Blougryne !

Nous utilisions ElasticSearch, mais ça déconnait. Alors Collègue[s] Blougryne l’a remplacé par Ignite, qu’il a doté d’un modèle de déploiement « blue/green » .

La structure de la base de données était dupliquée : green pour la production, blue pour le développement (ou vice-versa), ce qui nous permettait de changer des trucs sans risquer de péter la prod’. Les transitions se passaient en douceur, du green vers le blue, ou versa-vice. Une petite couche de code permettait d’abstractionner les deux structures, de façon à ce que le reste du projet n’ait pas à s’en soucier.

On n’avait pas encore de clients, donc pas de réelle prod’. À chaque fois qu’on voulait changer un truc, on se disait : « profitons-en et faisons-le sur les deux couleurs, tant que c’est possible ». On se retrouvait à tout coder en double dans la couche d’abstraction, qui n’était pas si fine que ça. C’est inévitable : une structure de données a des impacts sur l’ensemble du bazar qui l’utilise. Je m’en étais déjà rendu compte lors de mon stage « base de données Access » en 4ème année à l’UTBM.

Pour ajouter à la confusion, les données de tests étaient, selon arrivage, parfois sur blue, parfois sur green (ou varci-fesse).

Malgré tout, on ne s’en sortait pas si mal. Certains composants du projet commençaient vaguement à avoir un but dans leur vie. Mais c’est sévèrement parti en capilotade lorsque trop de données arrivaient trop vite en temps réel.

Finalement, on a décidé de vendre notre âme à Amazon et de tout foutre dans AWS. Éthiquement, ça m’a touché une gonade sans faire bouger l’autre, car je n’ai pas d’âme quand il s’agit du fabuleux monde de le T ravail.

On a dû refaire beaucoup de composants, mais il faut reconnaître que nous progressions bien plus vite avec AWS et nos [non-]âmes enfermées à l’intérieur. C’est vers ce moment là que j’ai changé de crémerie. Les dernières nouvelles que j’ai eu c’est que ça recapilotadait au moment de tester avec un gros tas de données arrivant trop vite en temps réel.

Faut pas faire de temps réel. L’informatique est pas faite pour ça. On devrait se remettre à échanger des informations avec des disquettes. C’était tellement cool. #nostalgie.

[s] !!! (ou peut-être ·s)

Collègue[s] Blougryne faisait des énormes fautes de français : accord, confusion est/et, confusion er/é/ais et Jean Passe. Voilà un vilain préjugé squattant mon cerveau et que je dois réfréner : je crois qu’une personne qui fait des fautes de français code forcément mal. Parce que l’activité d’écriture de texte et l’activité de codage sont toutes deux liées à la notion de langage. Si tes idées sont mal organisées dans ta tête au point de confondre un verbe à l’infinitif et un participe passé, alors tes idées sont trop mal organisées pour que tu puisses programmer correctement une fonction. Oui, c’est méchant et élitiste, oui je suis un enfoiré de grammar nazi et je mérite le pilori. En plus, je fais moi-même des fautes un peux partou.

Rien à voir, mais ça me fait penser à ces crétins de profs qui disaient qu’il fallait être bon en maths pour être bon en programmation. Je ne suis pas d’accord. C’est plus important d’être bon dans ta langue maternelle, et si possible dans d’autres langues.

Si t’es mauvais en maths, tu vas juste faire des syntax errors à la pelle car il te manque la rigueur nécessaire pour écrire un code valide. Si t’es mauvais en français, tu vas écrire du code qui marche, mais alambiqué, mal structuré, impossible à maintenir et qui plantera par surprise lorsque tu ne t’y attendras pas.

Or donc, Collègue[s] Blougryne est super fort en python et dans plein d’autres domaines, tout en ayant une culture débordante, tout en faisant pousser ses fruits, tout en jouant à des jeux vidéos, alors qu’il ne sait pas écrire correctement. Je ne vois qu’une seule explication possible :

Ce sont plusieurs personnes.

Collègue Blougryne-expert-technique et Collègue Blougryne-hippie-culture sont enfermés chez eux et se consacrent exclusivement à leurs activités respectives. Collègue Blougryne-relations-humaines leur demande des résumés d’activités, puis il intervient sur le chat boîtal et rencontre les autres gens en vrai. C’est lui qui fait les fautes. Il y a peut-être même encore d’autres Blougrynes pour les activités annexes.

C’est l’inverse de Collègue Eurod’/Drache-Code/Je-Sais-Tout, qui était une seule personne que j’ai découpée en plusieurs. Ici, ce sont plusieurs personnes que je fusionne en une seule.

Voilà pourquoi cette·ces personne[s] se nomme[nt] « Collègue[s] Blougryne », avec un ‘S’ entre crochets.

Il me reste une dernière question à régler, et pour le coup, c’est peut-être moi qui fais une faute de français. Dois-je écrire « Collègue[s] » avec des crochets, ou bien « Collègue·s » avec un point médian ? Donnez-moi votre avis en commentaire.

Alors que tou·s·tes les femmes/hommes/autres s’écharpent au sujet de l’écriture inclusive féminine/masculin/autre, n’y a-t-il donc que moi pour s’interroger sur l’écriture inclusive pluriels/singulière ? Lorsque vous rencontrez une personne, vous ne devriez pas présager du fait qu’elle soit une seule. Elles pourraient être plusieurs.

Semi-Chef Capibara

Origines (géographiques et professionnelles)

Le plus-que-remplaçant de Collègue Docteur Maboul (c’était pas très difficile de faire le « plus »). Il a été co-opté par Collègue[s] Blougryne, qui, en plus de tout le reste, a·ont des potes super-experts dans des super-domaines.

En apprenant que Semi-Chef Capibara était originaire de Géorgie du sud, je me suis dit : « hey ! Un américain, c’est la classe ». On m’a alors précisé que ce n’était pas cette Géorgie là. Je me suis alors dit : « hoy ! Un gars des pays de l’est, la classe aussi ». Non plus. La Géorgie du sud ce sont de petites îles complètement paumées, à l’est des îles paumées des Malouines, elles-mêmes à l’est de l’Amérique du sud.

Il s’appelle ainsi car il a deux de ces animaux chez lui. Les capibaras sont des sortes de cochons d’inde géants qui font des sifflements bizarres pendant les réunions Zoom. À ma connaissance, ils ne sont pas originaires de Géorgie du sud.

Il bossait à plein temps au CNES avant de venir à 0.6 temps sur le projet POILS_PUBIENS. Je l’ai déjà dit de nombreuses fois : ce type de changement professionnel m’est totalement incompréhensible.

Comment obtient-on un poste dans un organisme tout foufou du secteur public tel que le CNES ? Il faut bûcher des concours azimutés pendant 10 ans ? Hacker la France pour avoir les sujets à l’avance ? Corrompre des hauts dignitaires ? Danser tout nu devant les arrières-petits-enfants de Pierre-et-Marie-Curie ?

Je l’ignore, mais ce que je n’ignore pas de le savoir, c’est que si un jour j’ai un poste comme ça, je boulonne mon cul à ma chaise de bureau et j’enroule mon fil de clavier autour de ma teub’ pour être sûr de jamais le quitter. Un poste à vie où tu peux glander, avec plus de jours de vacances que les autres, et où tu fais des trucs intéressants de scientifiques lorsque tu as vraiment envie de bosser ! Alors oui, c’est sûrement un salaire poucrave, mais bordel, à partir du moment où tu gagnes suffisamment pour pas crever de faim, fuck le grisbi et vive le temps libre !

Chef Capibara a fait fi de tout ça et s’est dit : « oh tiens, si j’allais travailler comme esclave dans une start-up virtuelle, juste pour voir ce que ça fait ? ». De la pure folie desespérée.

Trucs à propos du travail (et de moquette)

Or donc, c’est devenu mon chef, après dégradation de Semi-Chef Lula. Psychologiquement, je pense qu’il m’avait bien cerné, car il encensait mes réalisations, afin de flatter mon énorme égo. Parfois même, cette envie de recevoir du flattage supplantait mon envie de glander, et je faisais du T ravail avec ferveur et abnégation.

Une fois, il avait besoin d’une liste de tous les incidents de réalité connus depuis le Big Bang, qualifiés selon la typologie Tsoukalos. C’était un peu compliqué à faire avec nos moyens et connaissances de l’époque. On lui a répondu qu’il aurait ça dans une semaine. Est-ce que tu sais ce qu’il a fait, lecteurtrice ? Est-ce qu’il a trouvé d’autres choses à faire en attendant qu’on lui produise cette liste ? Eh bien non ! Il s’est mis en vacances pendant une semaine, pour faire des travaux dans sa baraque, dont repeindre la clôture. Le gars s’est pris pour Tom Sawyer !

Une semaine plus tard, la liste était toujours pas prête. Je sais plus si ça devait être à moi de la faire, quoiqu’il en soit, j’avais rien foutu dans ce sens. Est-ce que tu sais ce qu’il a fait, lecteurtrice ? Est-ce qu’il a proposé son aide pour l’élaboration de cette liste, quand bien même ce n’était pas son domaine d’expertise ? Eh bien non ! Il a annoncé qu’il prévoyait de se remettre en vacances tout en ajoutant : « Wesh ! Si la liste est re pas prête à mon re-retour, je chie sur la moquette ! ». Bien entendu, Collègue[s] Blougryne a·ont soutenu son·leur copain en renchérissant : « tu seras pas le seul ». C’est facile pour lui·eux de dire ça, il est jamais seul puisqu’il est plusieurs personnes.

J’aurais aimé répondre « c’est pas grave si tu chies sur la moquette, tu pourras la repeindre durant ta nouvelle semaine de vacances ». Je ne l’ai pas fait car ça n’aurait pas été cohérent. En effet, il avait prévu de chier sur la moquette APRÈS ses vacances.

Finalement, il s’est ravisé et ne s’est pas remis en vacances. On a fini par produire cette liste. Tout est rentré dans l’ordre. La moquette va bien.

À une époque de mon incarnation professionelle, quelques vagues indices m’avaient fait comprendre que je n’étais pas très bien payé par rapport au travail que j’éjaculais, ce malgré l’augmentation épique que Semi-Chef Lula avait réussi à m’obtenir avec brio.

Ça m’a été très utile, pour lutter contre la petite voix dans ma tête qui me dit régulièrement : « Tu devrais terminer cette tâche du T ravail dès ce soir, même si c’est en dehors des heures normales. Tu as promis sa complétion. En plus tu as glandé une partie de l’après-midi pour étoffer ta collection de vidéos pornographiques de femmes rondes. Allez, finis ton dîner et remets-toi à bosser, vilain petit schtroumpf paresseux ».

À cette petite voix, je rétorquais par une contre-petite-voix : « Non, pas au salaire où je suis payé ». Ça me déculpabilisait et je pouvais passer ma soirée à avancer sur mes projets persos, ou sur ma collection de vous-voyez-de-quoi-je-parle.

C’est comme ça que j’ai pu passer quelques semaines à créer le challenge de hacking « TUR-ROX- 👁 », alors que tout le monde croyait que je m’auto-formais sur les fonctions d’inférence cosmologiques, à l’aide des œuvres complètes des Bogdanov que l’on m’avait donné à lire. Plus de détail au sujet de ce challenge dans cet article et dans celui-là .

Vint ensuite le jour de mon entretien annuel. J’aime bien ces moments là : on discute, on fixe des objectifs dont on sait très bien qu’ils changeront après. Le seul truc chiant c’est le fichier Excel à pré-remplir, mais sinon ça va.

Es-ce que tu sais ce que Semi-Chef Capibara a fait, pendant cet entretien annuel, lecteurtrice ? Non, tu sais pas ce qu’il a fait ? Je vais te le dire, lecteurtrice ! Parce qu’il a fait un truc totalement sorti de nul part ! Et quand est-ce que je vais te le dire, lecteurtrice ? Mais pas plus tard que maintenant, là, tout de suite ! Dès qu’on sera passé au paragraphe suivant ! Accroche-toi à ta flore intestinale, lecteurtrice, parce que quand tu vas découvrir ce qu’il a fait, lecteurtrice, ça va tarpin t’azimuter grave au sol du calfouette, lecteurtrice !

Il a augmenté mon salaire, sans que je lui ai demandé !

C’est vraiment gentil de sa part, je l’ai grandement remercié. En plus, ça m’a rassuré, car ça me donnait la confirmation que mes moments de glandouillerie ne se voyaient pas trop. Sauf que je ne pouvais plus activer la contre-petite-voix qui me disait « pas au salaire où je suis payé ». J’ai été obligé de T ravailler assidûment et sans glandouiller. Argh !!

Le cadeau d’adieu

Lorsque j’ai annoncé mon départ, MégaChef Forgeron contacta Semi-Chef Capibara et lui tint à peu près ce langage : « Palsambleu ! Une missive m’apprend céans que Travailleur Réchèr va s’inféoder et quitter nos terres. Il serait de bon aloi que nous lui soumettassions une contre-proposition accompagnée de moultes pièces d’or. Qu’en pensez vous mon bon Contre-maître Capibara ? ».

Celui-ci répondit quelque chose que je considère comme un très beau cadeau d’adieu, pour de vrai, sans ironie. Il a dit que ce n’était même pas la peine d’essayer, car je changeais de crémerie pour faire quelque chose qui me plaît beaucoup plus, mais pas pour les brouzoufs (même si j’ai négocié des brouzoufs au passage). J’étais vraiment heureux de voir que Semi-Chef Capibara avait compris ça, c’était la preuve qu’on avait établi un mini-lien entre nos deux personnalités.

Ça me fait penser qu’il faut que je vous raconte ce que je fais dans la nouvelle crémerie où je T ravaille maintenant. Ça viendra en son temps.

MégaChef Forgeron

Le remplaçant de Chef NightWish. Nous avons donc un MégaChef qui remplace un Chef. Je n’ai pas d’explications, à part que les titres de noblesse des gens sont flous.

Ses loisirs

Il s’appelle ainsi car sa passion est de faire des trucs en métal, à tel point qu’il a pu passer dans l’émission « Le Meilleur Forgeron ». Il a participé à la saison 10 et s’est franchement bien débrouillé. Il a tenu jusqu’au 32ème de finale. Dans sa petite séquence de présentation de candidat, il expliquait qu’il était un papa poule et qu’il n’avait pas honte de le dire. Hé, tu serais pas en train de te prendre pour un rebelle que tu n’es pas ? Dire qu’on est un papa poule, c’est super à la mode depuis quelques années déjà, alors y’a plus aucune honte à ça. (Mais sinon je trouve super cool que tu sois un papa poule. Cot cot !)

Les épisodes passaient assez tard, je m’endormais devant la téloche à chaque fois. Ensuite, je me réveillais vers une heure du matin pour faire des trucs plus intéressants.

Il nous a donné quelques détails sur les dessous de l’émission. En particulier la fois où Doug Marcaida a pété les lunettes de David Baker suite à un coup de khépesh mal ajusté, même que ça a failli se régler par un duel au kindjal. Trop marrant. Et aussi, l’épreuve de malade où il a dû forger une claymore vorpale. C’était tellement difficile qu’en posant l’arme devant le jury, il a chialé comme un gosse. Ça peut se comprendre.

Son monosourcil de Schrödinger

Il était doté d’un seul sourcil, gros et très épais. La légende prétend que ça fait de lui un loup-garou. On ne va pas polémiquer sur le sujet.

Ce monosourcil était très perturbant : durant les réunions Zoom, je le voyais s’agiter ! Le reste de son visage ne bougeait pas, mais le monosourcil oscillait de haut en bas sur un ou deux pixels. J’avais du mal à me concentrer sur la teneur réelle de la réunion.

Il est possible que la noirceur abyssale de ce monosourcil faisait déconner la fonctionnalité de floutage du décor de fond. Zoom ne parvient pas à déterminer si c’est un objet au premier plan ou à l’arrière-plan, alors dans le doute, il le fait osciller.

Voici une gif animée de démonstration, utilisant le célèbre monosourcil d’Emmanuel Chain, que j’ai noirci pour la circonstance. (Ce n’est que trop tard que j’ai découvert le monosourcil bien plus impressionnant de Sophia Hadjipanteli, or j’avais la flemme de recréer une autre gif).

Les fois où je rencontrais MégaChef Forgeron en vrai, j’évitais de le dévisager. J’essaye, autant que faire se peut, d’être plus ou moins acceptable socialement, ce qui a pour malheureuse conséquence que je ne suis pas en mesure de vous dire si ses sourcils tremblent dans le monde réel.

Pour ajouter à l’incertitude Schrödingerienne, lors d’un événement corporate quelconque, il nous a fait une petite démonstration de forgeage (que je vous raconterais plus tard). J’ai vu ses mains trembler légèrement pendant qu’il travaillait le métal. Je pense qu’il a peut-être un tout petit début de maladie de Parkinson.

Ses sourcils tremblent-ils pour de vrai, à cause de son hypothétique Parkinson, ou bien est-ce seulement Zoom qui déconne ? Le mystère reste entier.

Son papa-poulisme

Lorsque Collègue BlackJack a pris ses jours de congés paternité pour son je-ne-sais-plus-combientième enfant, MégaChef Forgeron s’est permis la remarque : « saviez-vous, jeunes gens, qu’à la naissance de mes filles, j’avais pris zéro jours de congés ? ».

D’accord. Grand bien te fasse, tu es un bon soldat corporate et c’est ton droit. En revanche, c’est pas du tout compatible avec le fait de clamer à la téloche que tu es un papa poule et que « tu n’as pas honte de le dire ». Alors, pouet pouet.

Sur un autre sujet qu’a rien à voir, MégaChef Forgeron a passé un certain temps à faire fabriquer des autocollants « projet POILS_PUBIENS » qu’on devait placer sur toutes nos machines et tout notre matériel. On s’est un peu moqué de lui tellement il insistait là-dessus. Maintenant que j’y pense, à aucun moment je ne m’en suis collé un sur la fesse. Deviendrais-je adulte ? Non, quand même pas.

Quelques collègue·tte·s random pour finir

Colléguette Plateforme

Une personne qui semblait avoir des problèmes de visualisation des mots. L’un des projets de ConcreteWorld. 🌍 était de mettre en place une « plate-forme montpelliéraine » (j’ignore pourquoi, osef). Ça veut dire une plate-forme située à Montpellier.

Lors d’un événement marketing, elle en parlait en prononçant « plate-forme Montpellier-Rennes ». Ça veut dire une plate-forme située à la fois à Montpellier et à Rennes. Je connais pas ma géographie, alors je suis allé vérifier sur une carte. Techniquement, c’est pas très réaliste.

J’ai utilisé un décor du jeu de plate-forme « Baby Jo ». Vous l’aviez reconnu, évidemment.

À noter que les courbes de Colléguette Plateforme étaient tout à fait sympas et qu’elle n’avait pas de plates formes.

Collègue Clavier

J’ai écrit et relu de la documentation avec lui, lors de séances de « peer redacting » (même si ce terme n’existe pas). C’était horrible : il relit un début de paragraphe, ça lui donne une idée d’un détail à ajouter, il l’écrit immédiatement là où se trouve son curseur, puis il continue de lire et s’aperçoit que ça correspond exactement au détail qu’il vient d’ajouter !

C’étaient les pertes de temps les plus bizarres que j’ai jamais vécues. J’avais envie de lui arracher son clavier des mains et de le frapper avec en hurlant : « Tu as déjà écrit cette phrase ! On passe à autre chose ! Schnell ! ».

On portait des costumes à motif de watermark, car c’était la mode.

Et aussi, pour souhaiter le bonjour à une colléguette, il disait pas « salut ». Il disait « Saaaaaluuuuuhuhuhuuuusscchhllrrrpppxxxx », avec une voix de pervers. C’était bizarre.

J’ai poney et je voudrais avancer mes images pour la roadmap de Squarity. À plus !

Pour la route : petite photo de Colléguette Courbe-Formes Mon-PEL-hier-aine.

Toute ressemblance avec Jexkaa Wolves serait purement pure.

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